Congrès
FFAM 2010 au Pays d’Albret.
Les Amis
du Lot-et-Garonne nous accueillent
Article de 3 pages
avec photos de Bernard Sauldubois, avec
la participation d’Alain Dubarry
pour
le groupe « moulins électriques ».
L’ancien duché d’Albret fut
constitué dès 1550 par le roi de Navarre, Henri II d’Albret avec Nérac pour
capitale. Mais c’est surtout à Henri IV, à d’Artagnan et aux cadets de
Gascogne qu’il doit d’être familier à tous les français et que l’actuel
« Pays d’Albret » tire naturellement son nom aujourd’hui.
C’est au cœur de cette verte
région que l’Association Départementale des Amis des Moulins de
Lot-et-Garonne avait donné rendez-vous à 170 congressistes au Relais du Moulin
Neuf, à Barbaste. Après les formalités d’accueil, où chacun reçut un
important dossier, un parcours champêtre nous a conduits au Moulin de
Lausseignan, où Michel Pierre, spécialiste de la pico-électricité a présenté
à tous son moulin et sa turbine tandis qu’Yvonne, son épouse, offrait aux
vagues successives de visiteurs gâteaux et rafraîchissements. En fin d’après-midi
les participants se sont retrouvés au Moulin Neuf pour deux ateliers de travail
qui connurent un grand succès.
Le samedi, journée
traditionnelle de visite de moulins, comportait deux circuits distincts.
L’un réservé au thème moulins « Patrimoine molinologique » (2
cars), l’autre au thème « moulins et production d’électricité »
(1 car). Le circuit patrimoine présentait lui-même deux variantes, avec la
visite de six moulins mais seulement quatre moulins par car. Les moulins proposés
à la visite avaient été sélectionnés avec soin afin de faire découvrir au
mieux le patrimoine régional :
- le moulin de la Farge-Haute, à Villeréal, sur le Dropt, produisant de la farine et de l’électricité, a été vu par tous les participants « Patrimoine ». Le meunier fait du pain dans un four qu’il a lui-même construit dans sa ferme.
- le moulin à vent de Coulx, dont la date de construction, 1799, est inscrite sur le linteau de la porte sud. Ses meules sont en fonctionnement et produisent de la farine en démonstration.
- le moulin de Gory, à Grateloup Saint-Gayrand, dont les ailes, victimes de la tempête Klaus, étaient tout juste restaurées pour notre visite. Son jumeau voisin a vu également sa tour ravalée. Nous avons été très aimablement reçus par Madame le Maire, entourée de tous les responsables de l’association animant ce moulin.
- le moulin de Bias, sur la Lasgourgues, dérivation de la Masse, et son roudet de grand diamètre, très particulier. Le but de l’association est la restauration intégrale du mécanisme et la remise en marche des meules. Le moulin abrite un musée de la forge et une belle collection d’outils.
- le moulin de Beaujeau, à Chasseneuil, où Pierre Astier continue à débiter des grumes. Il possède trois rouets à cuves et une turbine suivis d’un mécanisme remarquable et bien entretenu.
De son côté, le groupe « moulins électriques » visitait 4 moulins au sud de la Garonne.
- le Moulin de Lausseignan, à Barbaste, sur le ruisseau de Larébuson équipé d’une turbine Francis à axe horizontal. Le générateur est un moteur asynchrone de 5 CV, 1 500 T/mn, couplé au réseau. La puissance utile est de 2 Kw et la production de 6 000 Kw par an.
- le Moulin du Gers, à Layrac équipé de 2 turbines Francis avec multiplicateurs et génératrices de 150 KW. Sa production est de 750 000 Kw/an - à venir une génératrice de 60 Kw 8 pôles, 750 T/mn. Couplage au réseau EDF par un transformateur élévateur de 400 V-20 000 V de 315 KVA.
- le Moulin de Vialère, à Moncrabeau, situé sur la Baïse, équipé de deux groupes turbine/multiplicateur/génératrice type asynchrone en 380 V. Le couplage au réseau se fait par transformateur élévateur 380 V - 15/20 KV de 630 KWA. En 1995, le barrage a été reconstruit avec une hauteur réduite, d’où une perte de puissance de 400 à 250 KV.
- le Moulin d’Autiège à Condom, dans le Gers, sur la Baïse, équipé d’un bloc générateur d’une puissance de 85 Kw, couplé au réseau avec un transformateur élévateur de 400V - 20 Kw - 160 KWA. La production est de 400 000 Kw/ an. Sur le moulin, on peut voir le support héraldique des armes des Anglade avec la devise « Faisons bien, laissons dire ».
En fin de journée, tous les Congressistes se sont retrouvés au Moulin des Tours, dit aussi Moulin d’Henri IV, à Barbaste. Remarquable édifice, probablement unique en France, il est le symbole de la prospérité passée de l’Albret. Un apéritif de bienvenue offert par le président de la Communauté du Val d’Albret terminait cette journée de découverte.
Le dimanche après-midi, était prévue la découverte de l’unique éolienne Bollée du Lot-et-Garonne, au château de Gaches, à Buzec. Le lundi : programme touristique autour de Nérac capitale de l’Albret. Les participants ont pris le petit train touristique de Nérac à Mézin propriété d’un exploitant privé. Celui-ci explique, avec beaucoup de savoir, les curiosités rencontrées sur le parcours, entre autres les moulins. Après le déjeuner, ce fut la visite du Musée du liège et du bouchon, qui retrace l’histoire du métier de bouchonnier du XVIIIe siècle à nos jours. L’industrie du liège perdure en Albret, avec la Société des Lièges HPK SA, installée à Lavardac. La visite de Nérac et une promenade en gabarre sur la Baïse avec passage d’écluses a marqué la fin de ce congrès pour les plus téméraires. Merci à nos amis du Lot-et-Garonne, à Pierre Borios, à Michel Pierre, et à toute leur équipe, qui se sont dépensés sans compter pour l’organisation de cette agréable rencontre.