Le Lauragais, terre de vents, terre de moulins

  

Article de 4 pages, par Pierre Mercié, auteur de l’ouvrage « Sur la route des moulins à vent du Lauragais » 224 pages, plus de 300 illustrations dont 100 en couleur.

Disponible chez l’auteur Tèl : 05.61.85.30.43.  E.Mail : pierre.mercie@wanadoo.fr

Le Lauragais, réparti sur trois départements, l’Aude, la Haute-Garonne, le Tarn, auxquels il faut ajouter une infime partie dans une pointe nord de l’Ariège, part du sud sud-est des environs de  Toulouse, pour se déployer tout au long du Canal du Midi au delà de la ville de Castelnaudary qui en fut la capitale historique. Dans cette région règnent les moulins tour. Bâtis en dur pierres ou briques, ils sont caractéristiques avec leurs toits à bardeaux légèrement débordants et surtout leurs fûts coniques. Souvent trapus, l’intérieur est assez vaste pour permettre d’abriter généralement deux paires de meules disposées au rez-de-chaussée.

De ces moulins, malgré les outrages du temps, quelques uns subsistent encore aujourd’hui pour le plus grand plaisir de nos yeux.

Moulin de Curagel :

Le site du Pech à Castelnaudary, a vu tourner de nombreux moulins à vent, mais de nos jours sa colline n’en conserve plus que trois. L’un, le moulin de Curagel, restauré au cours de l’année 1962,  est ouvert à la visite.

Baraigne, Aude : le moulin Neuf

Si dans l’ensemble ce moulin est assez bien conservé, le toit en partie délabré laisse apparaître le grand rouet qui n’est plus protégé des intempéries. Bien que ne supportant plus que deux bras des ailes, la tête de l’arbre moteur toute en bois émergeant en haut de fût est à remarquer. Il fait partie des très rares moulins pourvus de trois paires de meules, dont l’une d’entre elles se trouve située au rez-de-chaussée. A été arrêté définitivement en 1952. 

Mireval-Lauragais, Aude : moulin Saint-Jean

Beau moulin en pierre, parfaitement restauré et mis en valeur extérieurement, tout comme la maison du meunier située en contrebas. Sa date de construction est de 1823, et se trouvait gravée dans le claveau de la porte d’entrée.

Montauriol, Aude

Implanté sur une colline élevée de 400 mètres, maintenus en bon état, son fût très conique ainsi que son toit très pointu rendent cet ensemble fort intéressant. L’arbre moteur ne supporte plus que deux bras des ailes et chose peu commune est en métal. Sa construction toute en pierre semble être du XVIIIe siècle. A l’intérieur, il ne faut pas manquer de s’attarder sur son mécanisme. Complet et pourvu de remarquables engrenages de bois, ceux-ci datent probablement du XIXe siècle.

Ribouisse, Aude : moulin de Coustou

Abandonné aux broussailles depuis plus d’un demi siècle, à partir de 1955, malgré l’ampleur de la tâche, les propriétaires décidèrent de le restaurer. Les travaux durèrent deux ans environ, pendant lesquels tout fut refait de fond en comble, si bien qu’aujourd’hui, le moulin dans un état impeccable, peut faire de la farine comme au temps jadis.

Villasavary, Aude

Ce petit village a possédé au temps de sa pleine activité jusqu’à 10 à 12 moulins à vent. Actuellement, si beaucoup ont disparu, il reste malgré tout pour témoigner de ce riche passé, quelques tours plus ou moins bien conservées. L’un d’entre eux surtout mérite une attention particulière, c’est le moulin de la Glacière, appelé aujourd’hui moulin Roques Très bien restauré par la mairie en 1972-73, en possession de ses ailes et muni de tout son mécanisme, se visite.

Cambiac, Haute-Garonne : le moulin Neuf

Parfaitement entretenu. A l’intérieur, au rez-de-chaussée, se trouve commandé par un mécanisme de fonte, les deux paires de meules dans leur coffre de bois. La date de construction 1691 est gravée dans le claveau. Ce moulin à vent devait être un des derniers du Lauragais à marcher, et c’est son meunier Marius Bonnet qui l’arrêta vers 1960.

Caragoudes, Haute-Garonne : le moulin de la Paillasse

Très beau spécimen, récemment restauré, construit tout en brique rouge. A l’intérieur, les rouages datés de deux ans avant la Révolution, sont dans un parfait état, comme l’ensemble des meules. Cessa de moudre vers 1950.

Mascarville, Haute-Garonne : moulin d’en Carretou

Nous avons là en partie sauvegardée, un parfait exemple de la meunerie à meule, telle qu’elle pouvait se présenter au temps de sa pleine activité. Les deux moulins à vent d’en Carretou, étaient jumelés avec un moulin à eau situé sur le ruisseau qui longe à cet endroit la route départementale, en contrebas du village. Le premier presque intact, est le plus ancien comme l’indique la date de 1648, gravée en pierre.

Montbrun-Lauragais, Haute-Garonne : moulin de Passelègue

Construit en 1680, ce moulin cessa la mouture en 1960 mais à vu au cours de 1999 une nouvelle restauration. Son aspect original lui a été restitué avec la pose du toit supportant les ailes et le gouvernail.

Mourvilles-Hautes, Haute-Garonne

Daté de 1571, nous avons là un des plus anciens moulins à vent du Lauragais. Bien qu’ils soient également intéressant, je n’ai pu sous peine de trop m’étendre, citer les caractéristiques des moulins de : Les Cassès, Mas-Saintes-Puelles, Pexiora, Villeneuve la Comptale, Villesiscle, Aurin dont un miniature, Avignonet-Lauragais, Loubens-Lauragais, Montlaur, et d’autres encore…

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