47 - Au moulin de Lausseignan : opération de curage du bief
Article avec photos, par  Yvonne et Michel Pierre

 

Quand nous avons acheté ce moulin en 1986, le bief était complètement envasé, seul un filet d’eau serpentait en surface. Nous avons alors vidé le bief, nous l’avons laissé à sec pendant un an, puis nous avons fait procéder à son curage par une grosse pelle à chenilles qui est rentrée à l’intérieur. Suite à quoi, nous l’avons remis en eau et empoissonné.

Du fait qu’il n’y ait pas de vidange de fond, la retenue s’est progressivement envasée à nouveau. Il arrivait un moment où les sédiments affleuraient le niveau de l’eau avec prolifération d’algues. Il s’avérait indispensable de procéder à la remise en état. C’est ce que nous avons fait en septembre 2013. Vu le problème des poissons, nous avons décidé de procéder au curage depuis la rive, des deux côtés, après suppression des arbres de berge qui auraient gêné la pelle. Ces aulnes, à repousse très rapide, seront à nouveau dans le décor dans peu de temps !

Nous avons fait une demande officielle de travaux en rivière auprès de la DDT en juin 2013 suite à laquelle nous avons eu la visite en juillet du responsable de la police des eaux accompagné d’un agent de l’ONEMA. Peu après nous avons reçus un avis nous demandant une analyse des sédiments au prétexte que les sédiments devaient être partiellement évacués. Cette analyse portait sur un grand nombre de critères : arsenic, plomb, cadmium, PCB… Faite par le laboratoire IFTS de Foulayronnes, coût 400 €, elle ne comportait aucun élément d’analyse négatif. Suite à quoi, l’administration nous a donné son accord pour procéder à l’opération.

Celle-ci s’est déroulée les 25 et 26 septembre 2013 avec une grosse pelle mécanique de l’entreprise BEAUDEQUIN, un gros « tombereau » était censé transporter les sédiments extraits en bout de terrain pour un stockage provisoire. Peu après le début des travaux, il est apparu que les sédiments semi-liquides tombaient derrière le tombereau, lequel s’embourbait au passage suivant. Nous avons donc décidé de déposer les sédiments directement sur le pré, quitte à les régaler ultérieurement. La suite s’est déroulée sans difficulté particulière. Fin de chantier et remise en eau le 26 septembre.

Suite à ces travaux indispensables mais fort onéreux, nous tirons deux conclusions qui pourraient être utiles pour d’autres propriétaires de moulins dans la même situation :

1/ lors de la déclaration à l’administration, ne pas déclarer l’évacuation des déblais mais au contraire faire en sorte de les régaler sur le terrain, cela évitera (peut-être) l’analyse des sédiments.

2/ l’option prise de curage en eau est beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît car les effluents sont quasiment liquides, très difficiles à manipuler.

Après coup et si c’était à refaire je prendrais l’option suivante : faire effectuer une pêche électrique par un organisme agréé (société de pêche, syndicat de rivière…) avec convention de rempoissonnement après l’opération, vider le bief et le laisser sécher un certain temps puis procéder à l’opération depuis les berges.

Aujourd’hui nous avons retrouvé un bief restauré pour 20 ans à condition d’être vigilants : ouverture de la vanne de décharge amont en cas de crue pour évacuer les sédiments. Maintenant nous sommes très fiers de ce magnifique plan d’eau !

NB : Mise en garde pour les propriétaires de moulin à eau  Un courrier maladroit peut aboutir au blocage du dossier entraînant une procédure qu’il convient d'éviter à tout prix... Il est hasardeux voire dangereux pour la sécurité juridique du moulin  de s’adresser ,par écrit ou oralement, à une DDT, l’ONEMA ou autre service, au sujet de son moulin sans avoir une assistance exercée par quelqu’un ayant l’expérience de l’application du droit des moulins. Il est indispensable de faire reconnaître au préalable et par écrit par la DDT la consistance légale du moulin exprimée en kW. La puissance réelle d’un moulin ne correspond pas forcément aux chiffres anciens, souvent inférieurs, trouvés dans les archives. Rappel de la nécessité du dossier « Carte Grise » !

 

 

 

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