Morbihan - Le moulin de Lançay à Questembert  ● L'association est lauréate du Prix 2008 du Concours « Nos Moulins ont de l’avenir » -première édition- organisé par la Fondation du Patrimoine, la FFAM, la FDMF, catégorie « La meilleure Restauration d'un moulin ».

 

Article de 3 pages avec photos

Le moulin de Lançay (anciennement Lancet) a traversé les siècles depuis le Moyen-Age (fin du XIVe siècle). Il appartenait à cette époque à la seigneurie de Rochefort avant d'être acquis par des familles de meuniers à partir de 1855. Etabli sur un bras de rivière de la vallée de l'Arz, affluent de la Vilaine, et adossé aux accotements rocheux (schistes et grès) du point de resserrement de la vallée, il s'inscrit dans un environnement naturel bien protégé. D'abord petit "moulin-tour" équipé d'une roue à augets, il est associé jusqu'à la fin du XIXe siècle à un autre moulin à eau et à un moulin à vent. Plusieurs fois remaniée, la bâtisse actuelle, élevée sur trois niveaux et nettement agrandie, remonte pour l'essentiel à la fin du XVIIIe siècle (1781).

Presqu’à l'abandon et menacé de ruine à la fin du XXe siècle, il a repris vie en ce début du XXIe siècle à l'initiative de ses nouveaux propriétaires Marie Simonnot et Henri Guilbaud. En 1998, ceux-ci, convaincus de l'intérêt patrimonial de ce moulin et séduits par la beauté du site(,) recherchent les moyens de le sauvegarder. Ils assurent d'abord en urgence et sans aucune aide financière la mise hors d'eau du moulin. La même année, ils suscitent la création d'une association regroupant tous ceux qui s’intéressent non seulement au passé de ce moulin, mais aussi à son avenir, avec les objectifs le sauvegarder mais aussi de lui redonner vie, l'animer en faisant venir du public. Une première Journée « Portes ouvertes » est organisée en juin 1999 sur le thème « Et si le moulin de Lançay pouvait sortir de l’oubli … », plus de 50 personnes répondent… L’idée a germé. Peu à peu, l’utopie prend corps. Après deux ans de démarches, ils obtiennent en janvier 2003 - "pour l'intérêt de son équipement technique et l'illustration de différents systèmes de meunerie" - l'inscription du moulin (machinerie, bâtisse, système hydraulique) à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. Munis de ce sésame, ils font établir un diagnostic technique des travaux indispensables à réaliser pour sauver le moulin. Un dossier est monté comportant une étude historique illustrant notamment que le moulin est "fondé en titre", une étude de marché indiquant l'intérêt patrimonial et touristique d'un site restauré ouvert au public, descriptif et estimation des travaux, plan de financement et budget prévisionnel.

Un premier dossier-projet d'un montant de 578 000€ finançable par des fonds européens (Feder 50%), DRAC et département est déposé au printemps 2003. Mais les fonds européens ont fondu … Il faut repartir à zéro. Au printemps 2004 un nouveau dossier - ramené à 420 000€ - est déposé et finit par trouver les subventions indispensables

Ainsi restauré de 2004 à 2006, le moulin tourne, moud blé et sarrasin, et s'offre à la visite. Ancien outil de production, il devient un outil pédagogique. Véritable musée vivant, témoignant de sa longue histoire, il raconte l'histoire de la meunerie, la place des moulins dans la vie rurale, l'histoire de la domestication des énergies naturelles, l'histoire des techniques de mouture du grain. Des manifestations ponctuelles sont organisées ainsi que des animations en direction du jeune public.

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