« Agir avec prudence en veillant à ne pas dégrader
l'existant, en recherchant un équilibre entre restauration des milieux et
usages, entre écologie et activités humaines, en privilégiant la négociation
entre l'ensemble des acteurs et une gestion par bassin versant adaptée au
contexte local. »
(Congrès de l'ASTEE)
Fondée en 1905,
cette association regroupe des personnes, ou représentants de services
institutionnels ou commerciaux, ayant l'eau comme centre d'intérêt ou
d'activité. Cet éventail très large permet la mise en commun de savoirs et
d'expériences très diverses et de confronter toutes les opinions sur un même
sujet.
La
commission sur l'eau et les milieux aquatiques à laquelle j'appartiens m'a
ainsi permis d'appréhender les cours d'eau différemment
et de commencer à comprendre certains fonctionnements hydrauliques, qui
ne tombent pas sous le sens, même quand on est riverain depuis très longtemps.
Une
journée d'études sur l'Adour, dans le Gers, en juin, et une dans l'Oise, sur
le Thérain en octobre, nous ont permis de rencontrer des présidents de
syndicats de rivière et des techniciens confrontés quotidiennement à des
problématiques extrêmement différentes; constater de visu qu'un lit mineur de
rivière peut se promener sur huit cents mètres de large, que le recoupement
d'un méandre peut modifier la dynamique hydraulique très en aval et avoir des
conséquences funestes et incontrôlables, que l'anthropisation anarchique
autour de biefs, favorisant l'abandon des lits naturels, engendre des
inondations que personne ne peut maitriser, tout cela vu sur place et expliqué
par les techniciens chargés de faire face à ces problèmes est extrêmement
formateur.
J'ajouterai
que le président de cette commission et le responsable des rivières et cours
d'eau ont une façon limpide d'expliquer les choses qui vous fait croire être
savant, mais dont la base est le bon
sens.
N'en déplaise à
certains, cela fait quelques mois que l'on peut constater que ce bon sens, qui a
longtemps fait défaut à une administration arc-boutée sur des lois et règlements,
refait surface aussi bien à l'ONEMA, que dans les DDAF, DIREN et Agences de
l'eau; certes, on entend encore des diatribes stupides et outrancières, et
certains comportements administratifs relèvent d'idéologie; il n'en reste pas
moins que des dialogues peuvent être entamés, permettant de concilier ce qui
était inconciliable il y a quelques années. Essayant pour la FFAM d'aider à résoudre
les problèmes rencontrés par les propriétaires de moulins, j'en suis le témoin
et peux en donner plusieurs exemples. Je suis persuadé depuis très longtemps
que nous ne préserverons les moulins qu'en leur rendant un usage économique,
mais nous n'y arriverons que si leurs propriétaires et l'administration qui les
a en charge réglementaire dialoguent. Ce serait alors une véritable réconciliation.
Jean-Marie
Pingault, conseiller technique FFAM